L’ostéoporose est une maladie osseuse fréquente provoquant une diminution de la résistance osseuse, entraînant une fragilité responsable de fractures.
La prévalence de l'ostéoporose devrait s'accroître au cours des prochaines années, compte tenu du vieillissement de la population, ce qui constitue un problème de santé publique avec des répercussions sur la qualité de vie des malades.
La place dans la stratégie thérapeutique des différents médicaments actifs dans la prévention de la perte osseuse ou la survenue de nouvelles fractures et/ou dans le traitement de l’ostéoporose post ménopausique ne fait pas aujourd'hui l'objet d'un consensus et donc de recommandations.
Les indications octroyées dans l’autorisation de mise sur le marché (AMM) de certains produits (biphosphonates et raloxifène) sont plus larges que le champ du remboursement par la collectivité (Indications Thérapeutiques Remboursables - ITR) : la prévention de l'ostéoporose n'est pas prise en charge.
La Caisse Nationale d’Assurance Maladie a analysé les modalités de prescription de trois biphosphonates - étidronate - Didronel® 400 mg, alendronate - Fosamax® 10 mg, risédronate - Actonel® 5 mg, et d'un modulateur sélectif des récepteurs aux estrogènes, le raloxifène commercialisé sous les noms d’Evista® 60 mg et Optruma® 60 mg pour apprécier la situation de ces produits au regard des référentiels AMM et ITR.
Il ressort des résultats de cette enquête que les médecins utilisent Fosamax® 10 mg, Actonel® 5 mg et Evista® / Optruma® 60 mg en respectant majoritairement les indications de l'AMM.
Didronel® 400 mg, qui n'est pas indiqué en prévention sans administration d'une corticothérapie contemporaine et pour lequel le traitement de l'ostéoporose précise "avec au moins un tassement vertébral", se démarque avec un taux de non-respect d’AMM supérieur à 55%. Les prescripteurs semblent peu sensibilisés au fait que les AMM sont différentes d’un biphosphonate à un autre.
Le raloxifène très peu prescrit hors AMM (3,1%), est par contre largement utilisé en dehors du champ du remboursement principalement en prévention (48,1%).
Les biphosphonates sont également prescrits en dehors du champ du remboursement dans des proportions importantes.
Ainsi, les prescripteurs ne semblent pas connaître et appliquer les conditions restrictives de prise en charge par la collectivité par rapport aux indications de l'AMM et notamment l'obligation de signaler sur l'ordonnance, le caractère non remboursable par l'assurance maladie obligatoire, des produits prescrits en dehors des indications thérapeutiques ouvrant droit au remboursement.