
Avec plus de 20 décès par suicides pour 100 000 habitants, la France demeure l’un des pays d’Europe occidentale les plus touchés par le suicide. C’est un cumul de plus 10 000 suicides et 200 000 tentatives de suicides que l’on dénombre chaque année.
La mortalité par suicide représente la 2ème cause de mortalité chez les 15-24 ans, (après les accidents de la route) et la 1ère cause de mortalité chez les 25-34 ans.
Un suicide toutes les 50 minutes, et probablement une sous-estimation chronique de sa notification du fait de la difficulté inhérente à la reconnaissance et à l’enregistrement de ce phénomène. Le suicide est considéré comme une cause de mortalité évitable.
L’identification des facteurs de ce risque et l’engagement d’interventions de prévention demeure donc aussi bien à l’échelle régionale que nationale une priorité de santé publique.
On constate, sur plus de 20 ans d’observation, une baisse tendancielle régulière (décroissance du nombre de décès par suicide de 4% entre 2000 et 2006). Malgré cette tendance, la structure de ce problème de santé publique demeure inchangée et marquée par de fortes inégalités géographiques et par des différences considérables entre les sexes.
On retrouve comme facteurs de risques : les antécédents personnels et familiaux de suicide, les troubles psychiatriques et les usages de substances illicites, les situations traduisant la précarité ou la dissolution du lien social, ou la présence de traumatismes psychiques (deuil, maltraitance, séparation). On retrouve encore d’autres facteurs comme l’âge, la déchéance physique, ou encore les saisons et les rythmes sociaux.
L’ensemble de ces facteurs se noue sous la pression de forts déterminants économiques et sociaux dont le poids ne cesse de croître. Les interactions entre santé mentale et précarité sont complexes mais les études attestent d’une sur-représentation de la maladie mentale et de la souffrance psychique au sein de la population en situation de précarité, particulièrement dans ses formes sévères.
Devant une telle constellation de facteurs de risques, toutes les approches préventives sont à exploiter et en particulier l’apprentissage au repérage de proximité sur les lieux habituels de vie des facteurs susceptibles de traduire l’entrée en crise suicidaire.
Ainsi donc, toutes les occasions de contact avec le système de santé, et en particulier avec les professionnels de santé de première ligne ou du secteur social, doivent être exploitées pour reconnaître les situations propices au risque.
Les régions de France les plus concernées par ce phénomène demeurent la Bretagne (plus 25 décès pour 100 000 en 2008), le Nord Pas de Calais (20 pour 100 000) et la Basse-Normandie, le Limousin, les Pays de la Loire ou la Picardie (19 décès pour 100 000 en 2008). La région Poitou-Charentes commence à enregistrer des baisses des taux de mortalité par suicide (18 pour 100 000 en 2008) qui nécessitent d’être confirmées et encore améliorés.
Cette mortalité touche gravement les hommes et nous devons avoir une attention particulière à ce niveau puisque 30 pour 100 000 hommes sont concernés contre 7,4 chez les femmes en 2008. Cette mortalité est d’autant plus préoccupante qu’elle est évitable et concerne toujours beaucoup de jeunes.
Les modes de suicide sont variables avec le sexe. Ils sont regroupés autour de 4 modes principaux : la pendaison (46%), les prises de médicaments (16%), les armes à feu (15%), et le saut dans le vide (8%). Chez l’homme prédominent les modes de pendaison et l’usage des armes à feu. Chez la femme prédomine l’usage des médicaments.
En Poitou-Charentes, les taux de décès par suicide s’établissent à 47,9 pour 100 000 habitants pour les hommes de 35 à 64, ans et sont multipliés par 1,5 pour la tranche d’âge des plus de 65 ans. Chez les femmes ces taux sont divisés par un coefficient allant de 3 à 7.
Les tentatives déclarées chez les jeunes sont elles, à l’inverse, de 4% chez les garçons et de 14,7% chez les filles. Les facteurs de risque sont multiples, peu descriptibles et très étendus. Cette diversité rend difficile l’analyse du risque et l’approche prédictive.